Études

Le palmarès des prénoms change-t-il selon le département ?

En 2024, les 80 prénoms les plus donnés en France (40 garçons, 40 filles) forment un « top national ». Mais localement, le palmarès diffère : en Seine-Saint-Denis, 55 de ces 80 prénoms ne sont pas ceux du reste de la France. Un indicateur simple de l’identité onomastique de chaque territoire.

72 / 80
département le plus distinctif
Mayotte
55 / 80
en Seine-Saint-Denis
le record métropolitain
21 / 80
à Paris
l’autre pôle de diversité
4 / 80
le plus « national »
Lozère

La carte des différences

Pour chaque département (puis chaque région), on compte combien de prénoms de son propre top 80 sont absentsdu top 80 national. Plus la zone est rouge, plus son palmarès est singulier. La France de l’Ouest et du centre colle au national ; l’Île-de-France, la Corse et l’Outre-mer s’en écartent nettement.

Outre-mer
0 (comme le national)72 / 80

Une dispersion qui s’accélère depuis 1980

Dans les années 1970, tous les grands départements se ressemblaient (7 à 15 prénoms d’écart). Depuis, les trajectoires divergent : la Seine-Saint-Denis passe de ~10 à plus de 50 prénoms différents, quand le Rhône ou le Nord restent plus proches du national.

Explorez le palmarès de votre territoire

Le top 40 des prénoms de garçons et de filles, pour n’importe quel département ou région. En rouge, les prénoms qui n’existent pas dans le top 80 national — la signature locale.

En Seine-Saint-Denis, 55 prénoms sur 80 du palmarès local ne figurent pas dans le top 80 national. Ils sont surlignés ci-dessous.

Le prénom n°1, partout en France

Le prénom le plus donné dans chaque département en 2024. Louise et Gabriel dominent largement, mais quelques territoires font exception — survolez pour lire chaque prénom.

Outre-mer

Une couleur par prénom : les zones de même teinte partagent le même prénom n°1. Survolez pour le lire.

Notre lecture

Deux mécaniques différentes produisent de la distinctivité. En Corse et en Outre-mer, ce sont des répertoires régionaux anciens (prénoms corses, créoles) qui s’écartent du national. En Seine-Saint-Deniscomme dans les grandes métropoles, c’est surtout la diversité des origines qui pèse : Maryam, Aïcha, Mohamed, Imran… côtoient le haut du classement local sans figurer au national.

Le mouvement d’ensemble est celui d’une dispersion croissante : comme le prénom n°1 ne pèse plus qu’1 à 2 % des naissances, un « top 80 » couvre une part de plus en plus faible des bébés, et laisse davantage de place aux spécificités locales. C’est l’angle central du rapport Les prénoms en 2025 du sociologue Baptiste Coulmont, que cette étude prolonge et rend interactif.

Lecture sur des agrégats : la distinctivité décrit un territoire, jamais une personne. Un prénom « local » reste porté partout en France.

 MéthodologieSource : INSEE, Fichier des prénoms 2024 (fichier départemental), qui donne le nombre de naissances par prénom, sexe, département et année.

Top 80 : pour une unité (national, région ou département), les 40 prénoms masculins + 40 féminins les plus donnés en 2024. La référence nationale est recalculée en sommant le fichier départemental sur tous les départements, afin que la comparaison local↔national partage exactement les mêmes exclusions de prénoms rares.

Distinctivité : nombre de prénoms du top 80 local absents du top 80 national (de 0 à 80). La courbe d’évolution recalcule, pour chaque tranche de 5 ans, le top 80 national et départemental de la période. La Corse est agrégée sous le code INSEE 20 ; les régions couvrent la métropole, l’Outre-mer figurant en départements.

Inspiration : Baptiste Coulmont, Les prénoms en 2025(ENS Paris-Saclay, 2025), p. 21-25.

Citer cet article« Selon l’analyse Super Prénom (superprenom.fr/etudes/prenoms-par-departement), en 2024 la Seine-Saint-Denis compte 55 prénoms sur 80 absents du palmarès national, contre 21 à Paris et une dizaine dans la France rurale. » Libre de citation avec lien.

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